Vous avez probablement déjà vécu ce type d'expérience où vous êtes au volant de votre voiture (c'est encore plus fréquent sur autoroute) ou bien occupé à une tâche répétitive qui vous demande peu d'attention (comme faire la vaisselle, du tricot, du repassage, ...) et, en même temps, vous pensez à tout autre chose qu'à ce que vous êtes en train de faire ; et ces pensées ne vous empêchent pas de le faire. Tous ces moments de rêverie où l'on est "ailleurs", "dans la lune" constituent les transes de la vie quotidienne.
L'hypnose s'apparente à ce type de transe, mais de manière accentuée. Pour les scientifiques, l'hypnose correspond au quatrième état physiologique mais qui, contrairement aux trois autres que sont les états de veille active, de sommeil et de rêve (ou sommeil paradoxal), est non-objectivable, au sens où l'on est incapable de le différencier par le biais d'un tracé électroencéphalogramme typique.
Il existe cependant certains éléments qui sont objectivables, c'est à dire, empiriquement prouvés, mais néanmoins difficilement explicables scientifiquement (anesthésie, traitement de brûlures...). Ces preuves objectives permettent notamment de faire la différence entre une hypnose "véritable" et une suggestion éveillée ou encore une simulation ; en effet, l'expérience de la douleur, qui disparaît dans le premier cas, ne peut être que supportée dans les deux suivants. Il ne serait pas intéressant de chercher à donner une définition trop précise de l'hypnose parce que chacun peut vivre cette expérience d'une manière totalement différente, sans nécessairement ressentir ce que d'autres personnes auront vécu.
En effet, il serait dommage d'enfermer dans une définition trop restreinte le champ des expériences susceptibles d'être vécues par les individus. Il serait donc préférable que chacun puisse se faire sa propre définition, sans se sentir obligé de l'imposer comme seule et unique. Cette idée va de paire avec un des principes fondamentaux de la thérapie, selon lequel on recherche l'ouverture du champ des possibles.
On pourrait dire que l'expérience de l'hypnose correspond à une entrée dans un comportement "autre", différent du comportement "ordinaire" de la personne considérée.
Pour reprendre les mots de Th. Melchior*, l'hypnose peut être perçue comme une invitation à différer, à s'écarter, à se libérer d'une manière de fonctionner habituelle, avec des représentations parfois rigides, qui ne laisse plus ou peu de place à l'imagination créative.
L'approche éricksonienne de l'hypnose se distingue de l'hypnose classique, autoritaire, telle qu'elle était pratiquée au XVIIIème siècle. Cette approche s'oriente vers la recherche des ressources dont dispose le patient, dans le but d'en favoriser une meilleure utilisation, en respectant ses besoins. C'est une approche que l'on qualifie d'utilisationnelle : elle utilise les aspects de la personnalité et du comportement du patient dans les suggestions qui lui sont proposées, ce qui les rend plus personnalisées.
Dans ce sens, l'hypnose éricksonienne s'adapte au patient contrairement à l'hypnose autoritaire, qui veut adapter le sujet au contenu des suggestions, en les lui imposant.
VANDERMAESEN Lionel
Licencié en Psychologie Formation en Hypnose et Thérapie Brève (agrée par l\'Institut Milton H. Erickson).
lionel.vandermaesen@hcmc.be
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